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Camarades spectateur-ice-s,

Aux côtés de neuf coéquipiers, nous tâcherons d’ouvrir un dialogue sur des films issus de la section Cannes Classics. Discuter autour de films, récents ou non, tisser des débuts de pensées, acheminer avec sincérité une première approche pour des films que vous pourrez prochainement (re-)découvrir dans les meilleures conditions possibles. Bien que cette année l’événement ne se trouve pas du côté de mastodontes à nouveau visible, on pense dernièrement aux projections de Napoléon vu par Abel Gance, L’Amour Fou ou de La Maman et la Putain, nul doute qu’à titre personnel, ma plus grande attente réside là où la recherche des formes documentaires est le maître mot. La suite du titanesque The Story of Documentary Film qui, après avoir pu découvrir les épisodes 1 à 4 à la Berlinale, nous donnera un état des lieux de ce qui constitue la richesse de la forme filmique communément appelée documentaire au cours des années 70. On pourra alors espérer voir des images de Moullet, Pollet, Mekas, Brakhage, Ophüls. Ou encore y voir les éléments des Saisons que Pelechian a monté féeriquement. Il est là le réel événement de cette section Cannes Classics pour le spectateur que je suis : l’opportunité de pouvoir découvrir et redécouvrir une partie du corps de travail d’Artavazd Pelechian dans des copies fraîchement restaurées. Cette excitation découle d’une vision - mi-brouillée, mi-bourrée - des Saisons, alors qu’un ami croyant dans le cinéma me montre à 4h du matin, avec excitation, un des films de son panthéon. Ce soir là, le mien s’agrandira. 

Voilà pour une présentation à ma manière : les films avant l’égocentrisme, comme un complément du corps qui parle plus de soi que quelconque tunnel interminable. Néanmoins, s’il y a les films que je verrai demain dont seule la hâte peut m’être garante, il y a les films que j’ai vu hier dont je me porte garant. Le plus évident pour moi regroupe le corps de travail d’un cinéaste, celui de Laurent Achard. Pour la première fois, je vis mes terreurs nocturnes sur grand écran. Pour la première fois, je pus mettre un mot sur moi. Pour la première fois, je découvris ce que je voulais faire dans la vie. Être le prochain passeur qui pourra promouvoir ces films-ci. Programmateur, beau métier non ? Après avoir pu découvrir tant aux Cinémas du Grütli à Genève, être le prochain qui fera découvrir Peter Watkins, Dea Kulumbegashvili, Shirley Clarke ou Pier Paolo Pasolini. Genève, oui, où j’y ai fait mes armes pendant 21 ans, avant d’arriver à Paris l’an dernier. Excusez par avance les septante ou nonante lorsque vous lirez mes textes. Promis, ça ira. Heureusement que ces nuances linguistiques ne se retrouvent pas sur grand écran. Le cinéma comme langage universel, j’en rêve. 

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clementdc

clement.de-castelberg@sorbonne-nouvelle.fr

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