Étudiant à la Sorbonne Nouvelle (Paris III résonne beaucoup mieux), je suis très honoré de partir en croisade cette année pour la 79ème édition du festival de Cannes, même si l'idée du lieu, l'extravagante cohue des gens du métier, me paralyse, tant par son ampleur que par son rythme. C'est-à-dire que lorsque j'ai rédigé mes critiques dans le cadre du concours universitaire, je ne pensais pas finir par remporter la précieuse accréditation professionnelle.
En tout cas, mes deux travaux écrits, qui relèvent plutôt de l'entière analyse que de la critique, portaient sur Le Procès d'Orson Welles (1962) — première expérience avec le gros bonhomme mégalomane, mais le livre de Kafka ne m'avait pas raté — et Docteur Folamour (insérer un sous-titre bien longuet), tout simplement parce que Kubrick me fascine depuis le visionnage de Full Metal Jacket (1989), de par son découpage magistrale en deux tableaux consécutifs.
Dans l'absolu, je suis un fana du Nouvel Hollywood, le plus intrépide qui soit : de Friedkin — surtout French Connection, Mon Dieu ! — à Milos Forman, en passant par n'importe quel film où apparaissent les visages de Dustin Hoffman ou Al Pacino (Le Lauréat et ses raccords fous sur du Simon & Garfunkel, voire juste la barbe interminable de Serpico). Le cinéma américain des 90's est aussi pour moi un péché mignon, je l'avoue. Quand la lumière éclate dans un ratio 1.85, je me paume au paradis et je m'évade dans les fresques de vie : Larry Flynt (encore Forman), Forrest Gump, Will Hunting, etc. Difficile dans tout ça de choisir un préféré. Mais n'est-ce pas là la problématique principale d'un cinéphile en devenir ? Je dis "en devenir" car on ne sera jamais vraiment accompli. Heureusement, j'ai un avantage ; outre les références de l'école, certains amis approfondissement mon éducation cette année. Et puis, une nouvelle fois, la Cinémathèque.
La sélection Cannes Classics que nous avons hâte de vous chroniquer s'annonce très enrichissante et je suis agréablement surpris de reconnaître des noms. Pour ma part, je remarque que Welles est de retour avec Le Criminel (1946). Il y a aussi L'Innocente (1976), l'oeuvre ultime de Visconti, ou devrait-on dire de celui qui n'abrège jamais mais dont la poésie visuelle l'emporte toujours sur la durée (je retiens les décors enneigés de Ludwig) ; et Skolimowski qui est entré dans mon cœur avec les tribulations de Mike dans Deep End (1970). J'espère peut-être aussi chroniquer Vittorio de Sica pour rester dans le cinéma italien, ou une fantaisie que je découvrirai sur place (L'apparent documentaire sur Cannes 1947 est intriguant).
N'hésitez donc pas à nous lire. Contre toutes péripéties, nous respecterons nos engagements.
cmatis_
matis.chavant@sorbonne-nouvelle.fr