"Le Labyrinthe de Pan" de Guillermo del Toro (2006), ou comment un conte cruel devient un manifeste contre le silence des adultes…
- Lucas Amores
- 24 mai
- 2 min de lecture
Article de HASNAOUI DJAMAT DUBOIS Jibrill

Guilermoooo del Toroooo, merci pour les travaux, merci pour l’énergie.
Restauration en 4K d’un classique, comme dans le nom de la sélection : Cannes Classics, finalement. Je l’ai découvert dans cette version restaurée, en présence du réalisateur. Honnêtement, je pense qu’il y a très peu de meilleures manières de découvrir ce film pour la première fois. La pré-ouverture du festival, salle Debussy, del Toro debout sur scène. Permettez-moi de le dire mais "absolute cinema".

Plus sérieusement, le film est fou, et je comprends mon ami Yaniss qui me disait que j’allais adorer. Le Labyrinthe de Pan s’inscrit dans un contexte de guerre dans lequel des enfants se voient contraints de vivre. Ofelia, ce n’est pas seulement Ofelia en tant que personnage : ce sont tous les enfants obligés de se réfugier dans leur imaginaire pour échapper aux régimes fascistes et totalitaires. C’est là la force de del Toro avec ce film : sous couvert de l’imaginaire d’Ofelia, il dépeint une triste réalité encore actuelle.
Je n’ai pas vraiment envie de blaguer en parlant de ce film, surtout dans le contexte actuel. Du début à la fin, Ofelia veut seulement de quoi s’évader, de quoi être une enfant dans un monde qui la dépasse. Une dure réalité que malheureusement énormément d’enfants traversent en ce moment, et depuis des années, et que des adultes, anciennement enfants eux-mêmes, n’arrivent même pas à comprendre. Sauf le personnage de Mercedes : big up à toi. Femme de chambre de Vidal qui aide les résistants en secret et protège Ofelia, la seule à prêter attention à l’innocence d’Ofelia, c’est peut-être la vraie héroïne du film.

Un film qui m’a beaucoup touché, compréhensible autant par les enfants que par les adultes et qui rappelle que le cinéma et l’art en lui-même sont politiques.
Merci encore monsieur del Toro. Les applaudissements étaient mérités, vous-même êtes restés bouche bée.
Et ne cessons jamais de parler des injustices du monde dans lequel on vit. Je vais reprendre la citation de Martin Luther King reprise par le grand Ken Loach pendant la projection de son film Land and Freedom (1995) au Cinéma de la Plage : « La pire chose n’est pas la violence des méchants, c’est le silence des gens bien. » Difficile de trouver meilleure phrase pour conclure sur Le Labyrinthe de Pan, dont tout le sujet est précisément ce silence-là, celui qui permet à des personnes comme le capitaine Vidal d’exister, brisant l’innocence des enfants.
Merci pour l’attention portée à ma review.
Rédigé par HASNAOUI DJAMAT DUBOIS JIBRILL


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