L'Homme de Fer, un contexte politique difficile à retranscrire par Andrzej Wajda
- Thais Noel
- 22 mai
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 juin

Dans le contexte de révolution sociale de la Pologne de 1980, un journaliste, qui jusque-là travaillait à la radio, est chargé d’enquêter sur un militant pour affaiblir le mouvement. En interviewant les proches de cet homme, le journaliste remonte peu à peu le cours de son histoire et finit par adhérer à sa cause.
Ce que je ne savais pas avant de voir L’Homme de Fer d’Andrzej Wajda c’est qu’il s’agît de la suite de L’Homme de Marbre sorti quatre ans plus tôt, en 1977. On m’avait affirmé juste avant la séance que ça ne poserait pas de problème, et pourtant je trouve qu’il me manquait certaines connaissances.
Durant tout le film, plusieurs personnages différents sont interrogés par Winkel, le journaliste, mais ils ne sont pas toujours présentés dès le début. Personnellement, cela m’a un peu empêchée d’accrocher à l’histoire car je devais réfléchir aux liens entre les personnages tout en écoutant ce qu’ils avaient à dire sur le militant Tomczyk.
À cela se sont ajoutés des événements historiques que je ne maîtrisais pas et qui se rapportaient à l’histoire de la Pologne.
La diégèse qui se rattachait donc à une réalité et qui devait être compréhensible pour un public averti, s’est transformée en véritable casse-tête pour moi.
Si l’on écarte l’histoire, on peut alors s’intéresser aux acteurs. À ce moment, je ne comprends pas quelle direction Marian Opania a choisi dans son jeu. J’ai eu l’impression d’avoir vu un personnage constamment ivre et paniqué. Sa palette d’émotion était très réduite, alors même que c’est lui qui fait le lien entre tous les personnages. Les autres acteurs relèvent tout de même le niveau, notamment Krystyna Janda que j’ai trouvée beaucoup plus profonde et différente. D’autant plus que le film utilise des ellipses temporelles pour explorer la vie de Tomczyk, et Krystyna Janda parvient à nous faire sentir ces différentes époques de manière très juste.
Pour finir, d’un point de vue esthétique et cinématographique, je pense que j’étais trop concentrée sur la compréhension de l’histoire pour vraiment apprécier les images. La scène qui m’est restée en tête est celle des adieux sur le quai de la gare entre Tomczyk, sa femme et son enfant. Je l’ai trouvée particulièrement touchante et poétique.
Je pense que c’est un bon film mais qu’il faut voir L’Homme de Marbre avant.
Et qu’il faut probablement le voir plusieurs fois pour assimiler son aspect politique et dénonciateur avant de pouvoir profiter pleinement de son esthétique. En tout cas, j’espère que vous essaierez quand même de le voir, car il est très intéressant, ne serait-ce que pour en apprendre un peu plus sur l’histoire de la Pologne.
Thaïs NOEL


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